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n° 10 - Qu'est-ce qu'une tombe de regroupement ?

Necropole d albert somme le 2882012Nécropole d'Albert (Somme) le 25 août 2012

Les centaines de cimetières militaires de la Grande Guerre, lieux de mémoire, ont des origines variées : les uns sont créés au moment même des combats dans la zone du front, d’autres s’établissent à proximité des formations sanitaires plus à l’arrière recueillant les combattants mortellement blessés. Après la guerre, une dernière catégorie apparaît, correspondant à des regroupements de petits cimetières, de tombes éparses et de fosses communes. Des travaux et des fouilles furent systématiquement entrepris pour exhumer des champs de bataille les corps disparus et procéder au travail d’identification. Cette tâche concerna également les cimetières provisoires où de nombreuses erreurs furent constatées concernant les mentions surmontant les tombes. Dans ces cimetières, symboles de reconnaissance nationale, s’effectue une partie du travail de deuil de dizaines de milliers de familles éplorées qui peuvent s’y rendre après-guerre. La construction de cimetières de regroupement eut aussi pour objectif de faciliter la restitution des corps aux familles qui en faisaient la demande. Entre 1921 et 1923, ce sont 240 000 dépouilles qui furent exhumées et déplacées à travers tout le pays vers les cimetières communaux. Quant aux sépultures militaires demeurées dans les nécropoles nationales ou dans les carrés militaires des cimetières communaux, elles étaient entretenues par l’État et donnaient droit à un pélérinage familial annuel financé par la collectivité. La procédure fut peu utilisée en Allemagne du fait du contexte politique né de la défaite et des difficultés économiques. Par contre, dans tous les pays du Commonwealth, on refusa cette restitution suivant une vieille coutume aristocratique qui veut que les combattants soient enterrés sur le champ de bataille.

tombe de regroupementTombe de regroupement

Les cimetières de regroupement et la restitution des corps

De 1920 à 1930, l’État français procéda au rassemblement des corps dans des nécropoles nationales. À l’Armistice, le territoire composant l’ancienne zone des armées, fut divisé en 55 secteurs (chiffre auquel il faut ajouter 7 secteurs en Alsace- Lorraine). Ces secteurs étaient eux-mêmes divisés en carrés nettement délimités. Des travaux et des fouilles furent systématiquement entrepris pour exhumer des champs de bataille les corps disparus et procéder au travail d’identification. Cette tâche concerna également les cimetières provisoires où de nombreuses erreurs furent constatées concernant les mentions surmontant les tombes. La construction de cimetières de regroupement eut aussi pour objectif de faciliter le recueillement des familles et d’organiser le transfert des corps vers les cimetières communaux pour les familles qui en faisaient la demande. Ainsi, entre 1921 et 1923, ce sont 240 000 dépouilles qui furent exhumées et déplacées à travers tout le pays. La prise en charge de la restitution des corps aux familles fut permise par la loi de finances du 31 juillet 1920 et le décret du 28 septembre 1920 assurant la totalité de l’opération depuis l’exhumation et le transport jusqu’à l’inhumation dans le cimetière communal. Quant aux sépultures militaires demeurées dans les nécropoles nationales ou dans les carrés militaires des cimetières communaux, elles étaient entretenues par l’État et donnaient droit à un pélerinage familial annuel financé par la collectivité. L’Allemagne, dépendant de la France suite au traité de Versailles, suivit la même procédure. Dans tous les pays du Commonwealth, on refusa cette restitution en s’appuyant sur la tradition aristocratique britannique qui veut que le corps d’un soldat repose sur le lieu de sa mort. Aux Etats-Unis, le gouvernement, selon la volonté de chaque famille, prit en charge le rapatriement des corps aux États-Unis ou procéda au regroupement des corps dans des nécropoles nationales.

Blercourt (55) - avant

BlercourtBlercourt1Blercourt5Blercourt6Img 0396Img 0397Tombe

Blercourt (55) - après

Blercourt nixeville blercourt meuse cimetiere militaire fosse commune

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