GRISEL Onésime

Onésime GRISELOnésime GRISEL

Onésime Paul GRISEL, né à Darnétal (Seine-Inf.) le 9 décembre 1882.

Fils de Charles Onésime, journalier,  et de Julie Françoise Rose HOTTOT, ouvrière de fabrique. Mariés à Darnétal le 23 septembre 1882

 

Exempté du service militaire en 1903

 

Marié à Monville le 7 novembre 1903 avec Clémentine Marie LEBEL, tisserande, née à St-Rémy-sur-Avre (Eure-et-Loir) le 17 novembre 1878, décédée le 11 mars 1965 à Darnétal. 

 

Reconnu apte au service armé en 1914

Mobilisé le 24 février 1915

Passé au 4è bataillon de police de St-Raphael le 8 septembre 1915

Passé au 4è R.I. Colonial le 12 octobre 1915

Passé au 21è Régiment d'Infanterie Coloniale le 16 décembre 1915

"Tué à l'ennemi" le 17 juillet 1916 à Dompierre (Somme)

C'est en transportant une tonne à eau au cours d'un bombardement qu'Onésime fut une première fois avec quelques camarades, puis tué par un second obus tombé au même endroit. (source familiale)

 

Cité à l'ordre du jour du Régiment : " Excellent soldat. Est tombé glorieusement au Champ d'Honneur le 17 juillet 1916 à Dampierre. Décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre étoile de bronze " 

 

MORT POUR LA FRANCE

 

Medaille militaire officielle 39 45Croix de guerre de la guerre 14 18 

 

Transcription du décès à Monville le 28 février 1917.

 

 

Grisel 2

 

Battle of the somme 1916 map

  • Le , au premier jour de la bataille de la Somme, Dompierre et Becquincourt furent pris par les troupes coloniales françaises du 23e régiment d'infanterie coloniale. En novembre-décembre 1916, les soldats s'enlisaient dans la boue comme le rapporte le témoignage de Jean Hugo, arrière-petit-fils du grand écrivain4. Les Français puis les Britanniques arrivés en mars 1917 cantonnèrent à Dompierre jusqu'en mars 1918.

Journées des 1 er, 2, 3 et 4 juillet. — Le 1 er juillet, à 5 heures, les troupes sont en place : 2e bataillon (commandant MOREL) à droite, 3e bataillon (commandant LE BOULANGER) à gauche, 1er bataillon (commandant DORÉ) en réserve de brigade. La matinée est brumeuse, le temps lourd. De 7 heures à 7 heures 30 l'artillerie exécute un simulacre de préparation immédiate d'attaque, correspondant à l'assaut donné au nord de la Somme par le 20e corps et les Britanniques et dont un message reçu à 8 h.55 annonce le succès. De 9 heures à 9 heures 30, la préparation effective se fait sur notre front. Nos mines explosent. A 9 heures 30, les vagues s'élancent dans un ordre parfait, franchissent le « no man's land » et atteignent les premières lignes ennemies, profondément bouleversées. A 9 heures 45, la première vague occupe la tranchée Heinrich et Dompierre nivelé par nos canons. Le brave capitaine ROZAN, de la C. M., est tué près du cimetière, en faisant mettre sur le terre-plein, des pièces en batterie contre l'ennemi en fuite. Pendant que la troisième vague nettoie le village, les unités d'assaut, toujours en ordre, marchent du même élan sur Becquincourt, le Moulin et Bussus, objectifs de fin de journée, qui sont atteints vers 11 heures, presque sans pertes. Les réserves du régiment serrent dans nos tranchées de départ. 400 prisonniers, 6 mitrailleuses, 1 groupe électrogène et un important matériel restent entre nos mains. A 15 heures 45, l'ordre arrive d'attaquer la tranchée Brunehilde, 2e position allemande devant laquelle nos reconnaissances ont constaté la présence d'épais réseaux non détruits et dont nous sépare un glacis de 600 mètres sans défilements ni abris. Après une préparation d'artillerie de 20 minutes qui, de 17 heures 40 à 18 heures, a pilonné la position, l'infanterie s'élance. A gauche, où le commandant LE BOULANGER a décidé de donner l'assaut à la grenade par le boyau de la Faim, la progression de nos équipes de grenadiers, superbement entraînées par le sous-lieutenant MÉQUIN et le sergent CHAMBRON, est irrésistible. Atteinte par ces braves et furieusement attaquée, la tranchée Brunehilde est enlevée sur une longueur de 150 mètres, d'où l'ennemi ne pourra réussir à les déloger. Menée par le terre-plein, l'attaque de droite se trouve prise sous le feu terrible des mitrailleuses d' Assevillers et ne peut atteindre la tranchée. Le sous-lieutenant DUPUY est tué. Le commandant MOREL, blessé, refuse de quitter son poste (il ne sera évacué que le 6, après la relève). Son adjudant-major, le capitaine DEMOGUE, est blessé en même temps que lui ainsi que le médecin-major de 2e classe GAILLARD, le lieutenant BOUSQUET et les sous-lieutenants VIGUIÉ, OUDENOT et SCHNŒBELÉ. Le 2, au petit jour, sans nouvelle préparation d'artillerie (qui eut entraîné l'évacuation des portions de tranchées si brillamment conquises et si âprement conservées), l'attaque est reprise par une progression méthodique, menée à la grenade, avec l'appui des canons de 58 T. R. du brillant capitaine MOREL de la D. M. Nous nous rendons maîtres de toute la tranchée et nous nous y maintenons, repoussant une violente contre-attaque partie de la tranchée de doublement. La lutte pour la conquête de celle-ci commence aussitôt, bientôt transformée en un sanglant corps à corps à la suite du déclenchement d'une nouvelle contre-attaque ennemie qui vient heurter nos éléments en progression. Les pertes sont lourdes de part et d' autre. Le 1er Bataillon (réserve de brigade) est engagé. Les contre-attaques se multiplient sur Brunehilde, chaque fois plus violentes. Toutes sont repoussées, grâce à l'énergie et à l'endurance des défenseurs qui, quittant le fusil pour la pelle et la pioche, organisent la position tout en combattant. Le sous-lieutenant BARDOL est tué, les sous-lieutenants LEMAÎTRE, FRAISSE et SUDREAU blessés. Dans la nuit du 2 au 3 juillet, épuisé par ses vaines tentatives, notre résistance opiniâtre et nos retours offensifs vigoureux, l'ennemi se replie, évacuant Assevillers et Flaucourt. C'est en cherchant la liaison avec le 58e Sénégalais. vers Assevillers, que le commandant LE BOULANGER (accompagné du capitaine FLAMBEAU et du lieutenant CERVONI) s'aperçoit de la rupture de contact. Son bataillon est aussitôt lancé sur le terre-plein et l'attaque préparée pour le 3 au matin se change en poursuite. A 11 heures, le Bois Victor est enlevé, et le chef de bataillon pousse de sa personne jusqu'au carrefour des routes Flaucourt - Belloy et Assevillers – Barleux. Les reconnaissances d'officiers (sous-lieutenant DUTOIT et sous-lieutenant BAUDART de l'artillerie) rendent compte que deux compagnies sortent de Barleux et se retirent vers l'Est. C'est partout le vide : pas un coup de fusil ne part du Bois de Belloy. L'ennemi ne tient plus. Dans l'après-midi, ordre est donné de ne pas continuer la poursuite et de s'organiser sur la ligne : cheminée de Flaucourt - Point 47 (tranchée Verden). Toutefois, le chef de bataillon LE BOULANGER maintient de forts éléments sur le plateau Sud-Est de Flaucourt (cheminée et batterie contre avions 8651). Les réserves du régiment occupent Brunehilde et celles de la brigade s'établissent à Dompierre. Le terrain est organisé, le butin dénombré. Outre de nouveaux prisonniers et un nombreux matériel, il comprend : 2 pièces de 77, 8 de 88, 4 de 120, 4 de 150, 2 de 210, et un mortier russe de calibre supérieur au 210 Nos pertes sont peu élevées. Mais, pendant la nuit, l'ennemi s'est ressaisi et deux fortes reconnaissances, envoyées, l'une sur Barleux, par le commandant LE BOULANGER, l'autre sur le Bois de Belloy par le commandant MOREL, constatent que ces deux points sont à nouveau tenus par l'ennemi. Le 4 au matin, le régiment reçoit la mission d'enlever le Bois de Belloy, sous la protection d'une puissante concentration d'artillerie masquant Barleux. L'attaque aura lieu le soir, elle sera menée par deux compagnies fraîches du 1er bataillon (capitaines FÉLIX et GRENIER) et dirigée par le commandant LE BOULANGER, qui disposera de son bataillon pour alimenter l'attaque. Toute la journée, le Bois est soumis à un bombardement systématique auquel succède pendant 5 minutes de 16 h. 25 à 16 h. 30 un véritable arrosage par obus de tous calibres. A 16 h. 30, l'artillerie allonge son tir et les compagnies abordent le Bois. Au Nord, la compagnie FÉLIX, qui se tient aux lisières, progresse assez rapidement, d'abord gênée par les mitrailleuses de Barleux qui sont bientôt réduites au silence par notre artillerie lourde. Mais la compagnie GRENIER rencontre plus de difficultés. La traversée du Bois, très touffu, est pénible, le sol y est détrempé et glissant. La compagnie rencontre en outre une forte résistance de l'ennemi qui lutte pied à pied mais ne peut réussir à enrayer notre marche, malgré l'appui des mitrailleuses établies dans le boqueteau au N.-E. de Belloy. L'enlèvement de Belloy par la Légion avec qui elle est en liaison à droite du cimetière, débarrasse la compagnie de ces pièces qui lui ont occasionné des pertes assez élevées, et lui permet d'accélérer son avance. A 19 heures, le Bois est à nous. De grandes quantités de mitrailleuses et de munitions y sont trouvées. Nous nous installons aux lisières, puis au chemin creux de Barleux, accueillis par une vive fusillade partant des éléments de tranchée situés à l'Ouest de la route Berny - Barleux, fusillade à laquelle nous ripostons énergiquement. A la nuit tout s'apaise. Des petits postes sont poussés jusqu'au-delà du chemin creux de Barleux. La liaison à droite est établie au cimetière avec les légionnaires. Un groupe mobile, renforcé par une section de mitrailleuses, nous relie à gauche avec les Sénégalais occupant Flaucourt, bouchant l'intervalle entre le Bois et le Village. Au cours de la nuit du 4 au 5, le régiment, très fatigué par ces quatre journées de lutte épuisante, est relevé sans incidents par le 8e Zouaves. Moins élevées que dans les précédents combats où le régiment s'est dépensé sans compter pour remplir les missions de sacrifice qui lui avaient été confiées, nos pertes sont cependant assez sévères et s'élèvent à 14 officiers et 472 hommes hors de combat. Mais près de 9 kilomètres carrés de terrain arrachés à l’ennemi, 700 prisonniers 21 canons, de nombreuses mitrailleuses et un important butin sont la belle récompense de notre effort et apportent au régiment une nouvelle page de gloire. Cantonné à Chuippes et à Proyart, le régiment reçoit les 11 et 12 juillet un renfort de 1 officier et 157 hommes, aussitôt répartis. Le 12 juillet, après avoir passé les 4e , 8e , 12e compagnies au Dépôt divisionnaire qui vient d'être constitué et dont le chef de bataillon LEFEBVRE a pris le commandement, le 21e relève le 8e Zouaves entre Barleux et Belloy. Il y a deux bataillons en ligne et un en réserve au Bois de Boulogne où se trouve le P. C. du colonel. Le 17, le régiment passe en réserve de division et de brigade, ayant subi pendant ce court séjour en secteur, des pertes assez fortes, du fait de violents bombardement (83 hommes hors de combat). La belle conduite du brancardier ANCEL, au cours de la rude journée du 15 juillet, mérite d'être ici mentionnée, car elle fut magnifique et souleva l'admiration de tous. Le Bois de Boulogne est soumis ce jour-là à un bombardement d'une grande violence, par obus de tous calibres. La 9e compagnie est placée dans un boyau étroit, peu profond, autour duquel tombent sans arrêt les projectiles ennemis. A chaque instant des appels circulent de bouche en bouche : « Brancardiers ». ANCEL, chaque fois y répond, et calme, sans aucune émotion apparente, sans souci des obus, il panse et conduit au poste de secours ses camarades blessés, franchissant à chaque voyage le terre-plein violemment battu. Puis, spontanément, il se porte aux lignes avancées, explore le Champ de Bataille et parvient à déterrer des camarades ensevelis plusieurs heures auparavant par le bombardement. Après l'attaque du 20 juillet, pendant laquelle il n'a pas été engagé, le régiment qui a reçu un nouveau renfort de 3 officiers et 300 hommes, remonte en ligne dans le même secteur. Pendant dix jours, au contact d'un ennemi agressif, l'organisation de notre 1re ligne se poursuit sans trêve, malgré les bombardements violents d'une grosse artillerie allemande très nombreuse. Le 31 juillet, le régiment est relevé par le 44e R. I. C. et vient cantonner à Morcourt où il reçoit un renfort de 3 officiers et 219 hommes. Les pertes éprouvées pendant ce séjour en ligne s'élèvent à 141 hommes.

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Dompierre

Aujourd'hui, Dompierre-Becquincourt (Somme)

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